07 mars 2006
FORTE MOBILISATION CONTRE LE CPE
La participation aux premières des quelque 160 manifestations prévues mardi 7 mars à l'appel des syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens est largement supérieure à celle de la journée d'action du 7 février, qui avait réuni entre 218 000 et 400 000 personnes.Selon un premier décompte partiel effectué à la mi-journée, alors que de nombreux défilés – dont celui de Paris – n'ont pas encore été pris en compte, les manifestations ont déjà réuni entre 140 000 personnes selon la police et 400 000 selon les organisateurs.
Ainsi à Marseille, entre 10 000 à 12 000 personnes, selon la police, et 100 000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé dans la matinée. A leur tête les lycéens brandissaient des banderoles : "CPE = contrat pour esclave". Ils étaient entre 5 et 30 000, le 7 février.
Les organisateurs ont dénombré 200 000 manifestants à Paris (selon la CGT), 50 000 à Bordeaux, entre 22 et 30 000 à Nantes, 20 000 à Rennes et à Grenoble, des chiffres plus de deux fois supérieurs à ceux enregistrés par les mêmes sources, le 7 février.
"La mobilisation est deux à trois fois plus importante que celle du 7 février. Après avoir perdu la bataille de l'opinion, le premier ministre est en train de perdre celle de la rue", s'est félicité le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, peu avant le début de la manifestation parisienne à 14 h 30.
"Si le gouvernement ne bouge pas, nous aussi nous continuerons sur la base du succès incontestable d'aujourd'hui", a renchéri son homologue de la CGT, Bernard Thibault.
Lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le premier ministre a encore une fois défendu sa politique. Le CPE, a-t-il plaidé, est "un véritable contrat anti-précarité", qui "a 3 atouts" : "Il donne une expérience", "permet une insertion directe dans l'emploi" et "ouvre droit à une formation" dès le deuxième mois d'embauche.
"Le CPE est un outil mais, il faut le rappeler, ce n'est pas le seul. Il se situe dans le cadre d'un véritable parcours d'embauche pour les jeunes", a ajouté le chef du gouvernement. Avant de rappeler le lancement d'un service public de l'orientation, l'accroissement des postes en alternance, l'encadrement et la rémunération obligatoire des stages.
"Ce parcours, je suis prêt à l'enrichir de toute proposition nouvelle dans le cadre" de la troisième phase de la bataille de l'emploi, a-t-il souligné. "Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher ouvriront une large concertation dès la semaine prochaine", a poursuivi le chef du gouvernement, avant de rappeler que le CPE ferait "le moment venu" l'objet "d'une évaluation approfondie", qui serait présentée au Parlement.
Alors qu'au même moment, des centaines de milliers de personnes défilaient contre le CPE, le premier ministre a assuré qu'il respectait "les inquiétudes et les peurs qui s'expriment dans notre pays". Assailli de questions sur le CPE, le premier ministre a accusé le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, de préférer "l'idéologie" au "pragmatisme", les "demi-mesures" aux "vraies solutions".
C'est en province que le trafic a été le plus touché : sur les réseaux visés par des préavis de grève, quatorze ont fonctionné quasi normalement notamment à Lille, Rouen et Toulouse. 70 à 80% du trafic ont été assurés.
En revanche, Marseille bus, Nantes tramway, et Pau n'ont fonctionné qu'à 60 à 70% de leur capacité et Lorient, Lyon bus, et Lyon tram à 50-60%. D'importantes difficultés ont été constatées à Calais et Clermont-Ferrand. Seul le réseau de Dunkerque a totalement été paralysé, a souligné l'UTP.
Air France a assuré la totalité de ses vols long courrier mais des perturbations ont été enregistrées sur les vols intérieurs, avec des retards, voire des annulations.
Mouvement de grève circonscrit- L'éducation nationale. L'appel à la grève contre le contrat première embauche (CPE) a été faiblement suivi. Selon le ministère, en moyenne, la grève a été suivie par 11,5% des enseignants des écoles maternelles et primaires et par 13,5% à 15,8% des professeurs des collèges et lycées. Chez les personnels non enseignants, le ministère a comptablisé 7,8% de grévistes. La FSU, principale fédération d'enseignants, a revendiqué 30% de grévistes en moyenne nationale dans les collèges et lycées, entre 20% et 50% dans les écoles maternelles et primaires, selon les départements.
- Radio France et France 3. Différentes antennes de Radio France (France Inter, France Info, France Bleu, France Culture) ont été perturbées par des mouvements de grève et la grille des programmes bousculée. Dans 49 stations locales de France Bleu, un mouvement de grève illimité a été lancé depuis lundi par le personnel d'antenne des radios locales (PARL) qui demande un changement de son statut. Selon la direction, 29,89% des PARL ont cessé le travail mardi (contre 36,51% lundi).
En ce qui concerne France 3, le mouvement touche, selon les syndicats, les éditions de mi-journée et de fin de journée des journaux nationaux et régionaux de la chaîne.
17:25 Publié dans Questions économiques, Questions sociales, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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