29 juillet 2006

BISBILLES À L'UNEF

La direction de l'UNEF veut exclure des militants de la Jeunesse communiste révolutionnaire
LE MONDE | 27.07.06 | 16h01  •  Mis à jour le 27.07.06 | 16h02


medium_h_9_ill_751706_brunojulliard.jpga procédure a été engagée à quelques jours de la fin des inscriptions universitaires. Saisie par la direction nationale, la commission de contrôle de l'UNEF a décidé, lundi 24 juillet, de suspendre 38 adhérents de la Tendance tous ensemble (TTE), courant minoritaire qui représentait 9,8% des voix au dernier congrès du syndicat d'étudiants.

 

 
Parmi eux, 30 sont membres de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), dont 2 de ses représentants au bureau national. Cette mesure précède leur exclusion, qui devrait être prononcée par le collectif national en septembre.

Dans la lettre de saisine, la direction de l'UNEF invoque une série "d'agressions physiques", notamment lors de la manifestation du 1er mai, qui auraient été commises par des militants de TTE des universités de Paris-Tolbiac et Nanterre à l'encontre de militants représentants de la majorité de l'UNEF. D'autres mises en cause concernent des militants de Paris-VII sur le campus de Jussieu qui, lors des élections, ont présenté des listes contre d'autres représentants "officiels".

Cette sanction collective est, en fait, l'épilogue d'un conflit qui couve depuis plusieurs années entre la "majo" du syndicat et cette "mino" essentiellement composée de militants trotskistes de la JCR, à qui il est reproché de se maintenir en groupe constitué dans le syndicat.

"RÈGLEMENT DE COMPTES"
Le différend s'est aggravé lors du mouvement contre le contrat de première embauche (CPE), où les militants de la JCR se sont retrouvés dans l'animation des coordinations, sur des positions souvent hostiles à celles défendues par le bureau national. Du côté de la JCR, on reconnaît l'existence de "désaccords". Ses responsables estiment que la direction de l'UNEF procède "au règlement de comptes de l'après-CPE", qui vise à les "mettre dehors" avant les affrontements de la campagne présidentielle de 2007. Pour autant, les militants concernés n'envisagent pas d'engager des recours contre cette mesure d'exclusion.

Le président de l'UNEF, Bruno Julliard, présenté comme proche d'Henri Emmanuelli, sans être au PS, récuse l'impact de la future bataille présidentielle sur une organisation où, assure-t-il, "les enjeux politiques sont moins pesants qu'auparavant". Il accuse la JCR d'être "le seul groupe politique qui a choisi de faire de l'entrisme et ne partage pas la stratégie du syndicalisme rassemblé", alors que d'autres étudiants, membres de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), mais opposés à son organisation de jeunesse, se sont ralliés à la "majo" du bureau national.

La "clarification" souhaitée par M. Julliard porte aussi sur le renouveau du syndicalisme étudiant, de son image et de son action, après le conflit du CPE. Avant la fin des inscriptions dans les universités parisiennes, la direction de l'UNEF annonce 19% d'adhésions supplémentaires. Un enjeu, selon elle, plus important que la gestion des querelles internes.


Michel Delberghe

25 juillet 2006

LA PARTICULARITE DE LA XENOPHOBIE D'ETAT EN FRANCE

Seuil à la française

icolas Sarkozy a décidément bien du mal à apaiser les esprits sur l'opération de régularisation des familles sans papiers d'enfants scolarisés, lancée par sa circulaire du 13 juin. Au départ, le ministre de l'intérieur parlait de la régularisation de 2 000 à 2 500 personnes. Le directeur de la police générale de la préfecture de police de Paris, Yannick Blanc, avait avancé, dans Le Monde, le chiffre de "plusieurs milliers" de familles régularisées (Le Monde du 7 juillet). Devant les préfets, lundi 24 juillet, M. Sarkozy évalue autour de 6 000 le nombre de cartes de séjour qui devraient être délivrées.

D'ici à la date limite du 13 août, pour le dépôt des dossiers par les familles, le ministère s'attend à ce que 20 000 personnes présentent une demande de régularisation. Etrangement, pourtant, M. Sarkozy fixe à l'avance un seuil, en observant dans Le Figaro du 24 juillet que "si les premiers dossiers examinés sont représentatifs de l'ensemble des demandes, la proportion devrait tourner autour de 30%". La France renoue ici avec une politique de seuils de tolérance. Comme à l'époque où l'on s'interrogeait sur le seuil d'immigrés que les Français pourraient "supporter" ou sur le seuil de chômage susceptible de provoquer une explosion sociale.

M. Sarkozy a pourtant ouvert le curseur un peu plus largement qu'il ne l'envisageait au départ, mais, sachant que l'extrême droite lui reprochera son laxisme et la gauche sa rigidité, il reste sur un registre de fermeté. Il confirme que les familles sans papiers seront expulsées... tout en excluant à l'avenir de refuser la scolarisation des enfants de clandestins. Comprenne qui pourra. On a décidément du mal à concevoir que des familles d'enfants scolarisés soient obligées de quitter un pays vis-à-vis duquel elles ont donné des signes d'intégration en mettant leurs enfants à l'école. En 2003, un rapport du délégué interministériel à la famille montrait que près de 1% des élèves de 6 à 16 ans ne respectaient pas l'obligation de scolarité. Dans les collèges, l'absentéisme oscillait entre 1,9% et 2,5%.

Le ministre de l'intérieur et président de l'UMP justifie son choix de "justice" et de "raison" par son refus de nourrir le terreau qui permettrait à Jean-Marie Le Pen et à Philippe de Villiers de progresser. Mais aucun principe ne peut conduire un pays attaché aux droits de l'homme à expulser des enfants en cours de scolarité. D'autres pays européens abordent autrement la question des sans-papiers. En Allemagne, Wolfgang Schäuble, ministre de l'intérieur chrétien-démocrate, affirme qu'"on ne peut pas renvoyer je ne sais où des enfants nés ici, scolarisés ici". L'Allemagne compte entre 150 000 et 250 000 étrangers sans statut juridique. Elle ne les régularisera pas tous. Mais elle agira, comme l'Italie et l'Espagne, avec pragmatisme. La France, elle, préfère, là aussi, cultiver son particularisme.

L'Allemagne envisage de régulariser ses immigrés de longue date

e gouvernement allemand envisage de régulariser les sans-papiers vivant de longue date sur son sol, indique Wolfgang Schäuble, le ministre chrétien-démocrate (CDU) de l'intérieur, dans un entretien à la Süddeutsche Zeitung du samedi 22 juillet : "Le plus important et le plus difficile, c'est de trouver une solution raisonnable pour ce qu'on appelle les cas anciens", les étrangers vivant depuis longtemps en Allemagne mais qui n'ont pas de statut juridique sûr et dont le nombre est estimé entre 150 000 et 250 000 personnes. "Chacun voit bien qu'on ne peut pas renvoyer je ne sais où des enfants nés ici, scolarisés ici, et qui souvent ont même décroché ici de bons diplômes", explique M. Schäuble. Le ministre de l'intérieur, plus connu pour ses discours sécuritaires, appelle à "préserver ce sujet des querelles politiciennes" et à "en finir avec ces débats où on a d'un côté les amis des étrangers et de l'autre leurs ennemis".

medium_h_9_ill_749336_sorbonne.27.jpgCompte tenu du fédéralisme, cette régularisation doit faire l'objet d'"une solution consensuelle" entre l'Etat fédéral et des Länder : "Les chances que nous y parvenions sont relativement grandes", prévoit le ministre. Les gouvernements des Länder allemands sont dominés par la CDU-CSU, dont certains dirigeants - comme Roland Koch dans la Hesse ou Edmund Stoiber en Bavière - se montrent généralement peu enclins aux concessions sur les questions d'immigration et d'intégration.

Le projet de régularisation ferait partie d'une loi dont les contours commenceront à être discutés à la fin août au sein de la grande coalition des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates. Elle est destinée à réformer un texte précédent, entré en vigueur au début de l'année 2005. Celui-ci avait notamment permis aux Länder d'instituer des "commissions régionales d'examen des cas particuliers" pouvant délivrer des permis de séjour à titre exceptionnel.

FRUIT D'UN COMPROMIS
Fruit d'un compromis entre la majorité sociale-démocrate-verte alors au pouvoir et la CDU-CSU, la loi avait aussi facilité l'immigration très qualifiée - celle des chercheurs ou des informaticiens -, tout en pérennisant le gel de l'entrée de la main-d'oeuvre peu ou moyennement qualifiée. Pour M. Schäuble, "au moment précisément où nous n'avons pratiquement pas d'immigration, nous devons nous libérer de l'illusion selon laquelle nous pourrions résoudre le déficit d'intégration par le contrôle de l'immigration. Quand cela sera entré dans la conscience collective, elle sera disposée à plus de générosité à l'égard de ceux qui sont là".

Par ailleurs, le rapport d'évaluation de la précédente loi rendu à M. Schäuble recommande notamment de rendre plus difficile le regroupement familial. Mais le ministre juge que ces propositions sont "loin d'être la future loi". Il indique par ailleurs vouloir "réduire aussi fortement que possible le nombre de mariages blancs, parce qu'ils sont contraires à l'intégration".

24 juillet 2006

L'UNIVERSITE FRANCAISE VIT UNE PRIVATISATION RAMPANTE

Silence, on privatise !
LE MONDE | 24.07.06 | 13h20  •  Mis à jour le 24.07.06 | 13h20

our la deuxième année consécutive, l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) a publié son palmarès des "universités hors la loi". Une sorte de liste noire des établissements qui ne respectent pas le barème des frais d'inscription prévus par la loi pour la prochaine année universitaire : 162€ en licence, 211€ en master et 320€ en doctorat. Selon le principal syndicat étudiant, dont le "palmarès" n'a pas été démenti par le ministère de l'éducation nationale, une cinquantaine d'universités sur un total de 81 se seraient placées dans l'illégalité.

La plupart du temps, les dépassements sont modestes. Il s'agit de quelques dizaines d'euros siphonnés au passage à chaque étudiant en échange de prestations banales : frais de dossier, accès à la bibliothèque, possibilité d'utiliser les photocopieuses, etc. Mais il arrive aussi que ces frais d'inscription gonflent au point d'atteindre plusieurs milliers d'euros. Le cas le plus frappant est celui de l'université d'Aix-Marseille-III qui demande 3 500€ en deuxième année de certains masters. D'autres universités font payer 1 000€ l'accès aux cours de préparation d'un concours comme l'Ecole nationale de la magistrature.

Est-ce un scandale ? Les responsables universitaires ont tendance à nuancer. Lorsqu'il s'agit de petites augmentations, ils mettent en avant les nécessités de gestion. Le président de l'université de Bretagne occidentale avait fait valoir, en 2005, que c'était pour lui la seule manière "d'éviter la clochardisation" de son établissement. Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, renvoie la responsabilité de la situation au manque d'investissement dans les universités.

Lorsqu'il s'agit de sommes beaucoup plus importantes - de 400 à 3 500€ -, le discours change. Le président d'Aix-Marseille-III, Philippe Tchamitchian, parle de "somme facultative". "Elle permet aux étudiants de bénéficier d'un accompagnement professionnel, sous forme d'aide à l'orientation, de participer à des ateliers sur l'emploi et d'être en contact avec des recruteurs", a-t-on pu lire dans Le Monde du 19 juillet. Mais n'est-ce pas ce que tout étudiant devrait pouvoir obtenir sans contrepartie financière ?

En réalité, on assiste à un double phénomène. D'abord, les révélations de l'UNEF montrent que l'université renonce progressivement à des principes d'égalité que l'on croyait intangibles pour accepter des règles financières hors normes. C'est non seulement le niveau, mais aussi l'esprit qui a changé. L'université se privatise en douceur et en silence. Les études se paient au prix fort et le fait que plusieurs centaines de milliers d'étudiants bénéficient de bourses modifie peu la donne.

Ensuite, au fil des années, la médiocre qualité de l'enseignement universitaire a permis, sur ses marges, la création d'un système de formation payant et prospère. La plupart des étudiants qui passent un concours s'inscrivent ainsi tout à la fois à l'université et dans un institut privé de bachotage pour réunir les meilleures chances de réussir. Aux frais d'inscriptions évoqués ci-dessus s'ajoutent donc des frais encore plus lourds.

Est-ce si grave ? Non, si l'on en juge par l'absence de mobilisation des universitaires. Le monde enseignant, si prompt à lutter contre un tigre de papier, comme le contrat première embauche (CPE), semble accepter le nouveau cours des choses. Silence, on privatise ! Et l'on privatise d'autant plus vite que le système est obsolète, rongé par le corporatisme. Cet effondrement de l'intérieur, en dépit d'une concentration de moyens et d'hommes de qualité, fera un jour l'objet d'études dans une université remodelée. Et l'on comptera l'échec de l'université française comme l'un des plus graves revers de la Ve République.

Mai-68 avait donné l'alerte. Personne n'a depuis entendu le tocsin.

Laurent Greilsamer

15 juillet 2006

projet socialiste

PROJET SOCIALISTE

Discours de Barbara Romagnan, secrétaire nationale à la Rénovation.
Convention nationale du 1er juillet 2006, Mutualité
Juin 2006
ligne



Mes chers camarades,

Nous avons des raisons de nous féliciter :
  • D’abord, nous avons un projet. Même s’il nous reste à le faire partager par une majorité de Français, d’ores et déjà 102 000 militant-e-s socialistes l’ont adopté.
  • Ensuite, plus de 75 000 nouveaux et nouvelles militant-e-s nous ont rejoint. Parmi eux 38 % de femmes et une moyenne d’âge de 43 ans. Cela nous permet de nous rapprocher un peu de la société que nous aspirons à représenter.
  • Enfin, nous sommes en passe de respecter la loi – ce qui paraît bien pour des gens qui aspirent à la faire – la loi sur la parité - loi que nous avons nous-mêmes porté – puisque nous présenterons près de 50 % de femmes aux législatives prochaines. Nous associons à cela un relatif renouvellement de nos candidatures, avec ne cinquantaine de candidat-e-s nouveaux de moins de 45 ans.
C’est évidemment la réussite de tout le parti, mais le NPS y contribue de manière substantielle. Nous voulions dire notre fierté d’y avoir participé.

Mais si nous avons des raisons de nous féliciter, il nous reste une marge de progression importante. Et, sur certains sujets nous sommes bien loin du compte. Je pense au renouvellement générationnel et surtout à la représentation de nos camarades issus de l’immigration et de ceux issues des classes les plus populaires.

Pour y répondre nous avons un outil : la limitation stricte du cumul des mandats et puisque nous parlons de législatives : le mandat parlementaire unique ; le tout devant évidemment être associé au statut de l’élu.

En effet, si l’on exerce 1 mandat 2 ou 3 fois de suite et non pas 5 ; ou, si l’on exerce 1 mandat et non pas 2 ou 3 à la fois, cela fait autant de place de libérées et de candidatures nouvelles qui peuvent émerger.

Cet outil est aussi un objectif en lui-même. Un objectif que nous partageons tou-te-s, qui est inscrit dans la synthèse et qui était dans toutes les motions.

Car, mes cher-e-s camarades, si le projet est primordial, notre crédibilité à le porter l’est autant - quand on voit le discrédit dont souffre la classe politique ce n’est pas une petite question. Et, pour être crédible, il faut en finir avec l’accumulation du pouvoir dans les mains de quelques uns, pendant des décennies, sur plusieurs mandats.

C’est évidemment une question de principe. Car, même si certains sont capables d’assumer 3 mandats, mieux que d’autres un seul, nous sommes socialistes. Et, être socialiste, cela implique de partager le pouvoir, de la même manière que nous prônons le partage des richesses.

C’est aussi une question de démocratie parce que tout le temps passé à autre chose qu’à son mandat est laissé aux services, sans doute très compétents, mais les citoyens votent pour que leurs élus tranchent, décident, pas pour que les techniciens le fassent à leur place.

C’est enfin, je vous le disais une question de crédibilité. Car, si nos concitoyens peuvent comprendre que la résolution du problème du chômage est largement entravée par la mondialisation libérale, nous n’avons aucune excuse sur le renouvellement de la vie politique. Une question de crédibilité également parce que la perspective d’inscrire dans la loi une nouvelle limitation du cumul des mandats, ne nous exonère pas de la responsabilité d’agir dès maintenant, de nous appliquer à nous-mêmes ce que nous prônons pour tous.

C’est pourquoi, au nom de nombreux camarades je vous fais la proposition suivante : que tos les candidat-e-s socialistes aux législatives prennent l’engagement d’exercer ce mandat de façon exclusive.

C’est une condition de notre crédibilité, un moyen non suffisant mais nécessaire pour redonner confiance dans la politique. C’est aussi une façon de respecter nos concitoyen-ne-s, en nous consacrant pleinement à cette mission qu’ils nous confient. C’est enfin, un argument fort pour l’emporter en 2007.

13 juillet 2006

LE PLAN B

ON A TROUVE LE PLAN B !
L'Humanité - jeudi 13 juillet 2007 

Par Jean-Pierre Balligand, Didier Migaud, Paul Quilès, députés, André Laignel, Marie-Noëlle Lienemann, députés européens.

Dans une relative indifférence, le Conseil de l'Union européenne, réuni à Bruxelles les 15 et 16 juin 2006, vient de désavouer les Cassandre qui prédisaient que le «non» français au référendum sur le traité constitutionnel européen n'aurait, au mieux, aucun effet et, au pire, que des effets dévastateurs.

La crise existentielle ou de maturité de l'Union européenne, révélée par le «non», s'est certes poursuivie, mais la mise au ban de la France n'a pas eu lieu. La nouvelle situation politique issue du rapport de forces créé a débouché au contraire sur une réduction du chèque britannique, une remise en cause - même si elle est encore insuffisante - de la directive dite Bolkestein, une pause nécessaire dans l'élargissement et, désormais, la perspective d'une véritable renégociation du projet de constitution. Mieux, notre pays devrait jouer un rôle moteur dans la construction d'une alternative institutionnelle répondant davantage aux aspirations des peuples européens.

À Bruxelles, les Vingt-Cinq viennent de prendre des décisions importantes pour l'avenir de l'UE.

Dans ses conclusions officielles, la présidence du Conseil considère d'abord que la période écoulée «a permis à l'Union de prendre la mesure des préoccupations et des inquiétudes exprimées pendant le processus de ratification». Elle décide dans un premier temps de tirer un meilleur parti des traités existants «afin d'obtenir les résultats concrets que les citoyens attendent», avant de lancer entre les États membres des «consultations approfondies» sur les «évolutions futures possibles». Ces consultations doivent aboutir «au plus tard au deuxième semestre de 2008», c'est-à-dire sous la présidence française de l'UE. Le futur président de la République française sera donc au coeur de la recherche du «nouveau consensus sur les politiques qu'il convient de mener», dont la réalisation avait été évoquée dès octobre 2005 par la Commission européenne.

Autant dire que l'Union n'a pas été paralysée par le «non» - comme certains menaçaient qu'elle le serait - et que de nouvelles perspectives institutionnelles étaient bel et bien envisageables, via une nouvelle négociation.

Le fait d'avoir fixé cette phase à la suite des échéances électorales françaises et néerlandaises constitue une formidable opportunité. Il est clair que l'actuel président de la République, affaibli, discrédité et sourd au message des Français, est aujourd'hui le plus mal placé pour négocier avec ses partenaires un nouveau cadre institutionnel pour l'Union. Tel ne devra pas être le cas du prochain président de la République.

Dans ces conditions, l'échéance présidentielle de 2007 constituera pour les Français un tournant. Pour élaborer le nouveau «traité strictement institutionnel» qui sera «soumis au peuple par référendum» - selon l'engagement formel pris dans le projet socialiste -, il faudra à la France un président de la République de gauche, convaincu, mais exigeant à l'égard de l'Union européenne et qui partage le refus de la dérive libérale exprimé par les Français le 29 mai 2005.